Messages de la part du président
Inscription et assiduité : Mise à jour

Chers collègues,

Bon nombre d’entre vous se questionnent sur les pas franchis au cours des derniers mois par rapport à l’atteinte de nos cibles d’inscription de clientèle et d’assiduité. Sur le plan des inscriptions, on se souviendra que la cible provinciale à atteindre, si on veut collectivement reléguer aux oubliettes le contenu du projet de loi 20, est de 85 % pour janvier 2018.  Pour atteindre cet objectif ambitieux, mais réaliste, nous devons prendre en charge, en gros, 1,2 million de nouveaux patients en tout, dans l’ensemble du Québec.

Attention, une précision s’impose ici toutefois : on parle de 1,2 million de patients qui n’avaient préalablement pas de médecins de famille, de manière à ce qu’il y ait un ajout net équivalent et que le nombre de patients inscrits ne stagne pas, ce qui risque de se produire si on inscrit seulement les patients abandonnés par un collègue qui prend sa retraite, par exemple.

Notre entente sur l’accessibilité stipule qu’au 31 décembre 2015, un premier objectif de 71 % ait été atteint pour s’assurer de la progression vers l’objectif ultime de 85 % d’inscriptions d’ici janvier 2018. Selon les données préliminaires, ce taux de 71 % semble être atteint (le taux d’inscription était de 68 % en mai 2015), mais nous ne connaîtrons les chiffres finaux qu’au courant du mois de mars. Quant au fameux taux d’assiduité, il se situerait à 78 %, selon les dernières données disponibles qui datent de septembre.  À noter que la cible à atteindre pour l’assiduité est de 80 % en janvier 2018.  On avance donc dans le bon sens.

Il reste toutefois encore beaucoup à faire, notamment sur le plan de l’inscription de nouveaux patients. Un élément important qu'on doit prendre en considération a trait à la différence entre l’inscription brute et le nombre net de patients pris en charge. Les médecins ont effectivement inscrit beaucoup de patients au cours de la dernière année, mais une large part de ceux-ci, et c’est quand même tout à fait normal, étaient des patients qui en remplaçaient d’autres qui avaient déménagé ou qui étaient décédés. Ou bien encore, ces nouvelles inscriptions visaient, par exemple, à pallier le départ d’un collègue. On ne parle donc pas dans ces cas de figure d’une augmentation du nombre de Québécois pris en charge. 

Alors que devons-nous faire ? C’est assez simple : il faut augmenter le nombre total de patients inscrits d’ici 2018, ou si vous préférez le nombre net de patients pris en charge. Pour y arriver, nous comptons à la fois sur l'arrivée en pratique de nouveaux médecins de famille, sur un nombre important d'omnipraticiens qui vont davantage concentrer leur pratique vers la prise en charge en raison de l'assouplissement des AMP et sur un petit effort supplémentaire des médecins de famille faisant déjà de la prise en charge. À cet égard, nous réitérons que ce petit effort supplémentaire pourrait consister à prendre en charge environ 50 patients supplémentaires par année (soit un par semaine), effort qui devrait bel et bien  se traduire par un ajout net de 50 patients inscrits. Par exemple, un médecin qui a 850 patients inscrits présentement devrait en compter 900 en décembre 2016 et 950 en décembre 2017. À noter qu’il se peut que dans l’intervalle, 30 des patients dudit médecin meurent ou déménagent, ce qui voudrait dire qu’en deux ans, afin d’avoir un ajout net de 100 patients, ce médecin devrait plutôt inscrire 130 nouveaux patients. 

Je demeure convaincu que les cibles de 85 % (inscription) et de 80 % (d’assiduité) sont à notre portée, sans qu’une quelconque révolution coercitive soit nécessaire.  Il suffit de multiplier les petits efforts individuels supplémentaires, notamment en prenant en charge des patients qui sont, heureusement, souvent en bonne santé. Ce sont ces efforts, jumelés au nombre record de nouveaux médecins de famille qui entreront en pratique au cours des années à venir, qui nous permettront de reléguer aux oubliettes pour toujours les articles indigestes nous concernant de la Loi édictant la loi favorisant l’accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en matière de procréation assistée adoptée le 10 novembre dernier par l’Assemblée nationale du Québec ! Après tout, voir ces articles de loi disparaître pour de bon du paysage politique québécois serait non seulement un très beau cadeau à faire à notre profession, mais aussi à l’ensemble de la société québécoise.

Le président,
Louis Godin, M.D.