LES LIGNES DIRECTRICES CANADIENNES SUR LA PRISE EN CHARGE DE LA RHINOSINUSITE AIGUË ET CHRONIQUE

Les lignes directrices, élaborées par une équipe pluridisciplinaire composée des principaux experts en médecine au Canada, sont publiées à la fois dans Allergy, Asthma & Clinical Immunology et dans le Journal of Otolaryngology-Head and Neck Surgery.

« La sinusite est une affection extrêmement fréquente, qui est importante non seulement par les souffrances qu’elle impose aux malades, mais aussi par les coûts économiques considérables qui lui sont associés et par l’utilisation fréquente des antibiotiques qu’elle exige », soutient Dr Martin Desrosiers, auteur principal des lignes directrices et clinicien au service d’otorhinolaryngologie – chirurgie cervicofaciale, au Centre hospitalier de l’Université de Montréal. « Par exemple, le fardeau de l’antibiothérapie et de la sinusite est énorme : environ 25 % des ordonnances délivrées pour des antibiotiques oraux le sont pour le traitement de la rhinosinusite bactérienne aiguë, ou RSBA. »

« Un des objectifs visés par les lignes directrices est la diminution du recours injustifié aux antibiotiques dans la prise en charge de la sinusite afin de réduire le plus possible les risques de complications et d’apparition de résistance par anticorps dans la société », ajoute Dr Desrosiers. « Ces lignes directrices, par leur mise à jour sur la RSBA et l’importance accordée à la RSC, passent en revue les données probantes actuelles en médecine et traitent de sujets controversés dans le but de fournir aux médecins de l’information récente sur le diagnostic et le traitement de ces affections. »


Modifications des habitudes de prescription dans la RSC – Soutien aux médecins

Pour la première fois, les lignes directrices relatives au traitement tiennent compte du diagnostic et de la prise en charge de la RSC. « Tenue autrefois pour une infection bactérienne chronique, la RSC est maintenant considérée comme une entité morbide autonome; il n’est donc plus admis aujourd’hui de traiter la RSC comme un prolongement de la RSBA », souligne Dr Paul Keith, professeur au département de médecine, division de l’allergie et de l’immunologie clinique, de l’Université McMaster, à Hamilton. « La nécessité d’établir des stratégies de traitement particulières, adaptées à la pathogénie de la maladie est restée longtemps insatisfaite; les lignes directrices lui réservent maintenant une place et présentent différentes approches et modalités thérapeutiques appropriées, qui répondent aux exigences de l’environnement d’aujourd’hui. »


La RSC, une maladie que la médecine ne maîtrise pas complètement encore

« La RSC est une maladie très répandue, dont la fréquence ne cesse de croître et ayant des répercussions importantes sur la qualité de vie. Les médecins de premier recours traitent cette maladie sur une base quotidienne. La présentation de nouveaux principes directeurs fondés sur des données probantes et les mesures de soutien aideront les praticiens à obtenir de meilleurs résultats cliniques chez les patients », affirme Dr Gerald Evans, professeur agrégé au département de médecine, division de l’infectiologie, et aux départements de microbiologie, d’immunologie, de pathologie et de médecine moléculaire, de l’Université Queen et à l’Hôpital général de Kingston, en Ontario. « La présentation des principes directeurs qui guident la prise en charge de la RSC pourra aider les médecins communautaires, plus ou moins expérimentés en la matière, à donner les meilleurs soins possible aux patients. Ces derniers pourront, à leur tour, obtenir des soins primaires et voir leurs symptômes soulagés plus rapidement que s’ils avaient à attendre péniblement avant de pouvoir consulter un spécialiste. »

Une étude récente, menée au Canada, a porté sur l’incidence de la RSC sur les malades et sur l’utilisation des soins de santé. L’état de santé des malades atteints d’une RSC était comparable à celui des personnes souffrant d’arthrite, de cancer, d’asthme ou d’une maladie intestinale inflammatoire. Ceux qui souffraient d’une RSC ont fait état d’un nombre plus élevé de jours d’alitement ainsi que de consultations de médecins de famille, de fournisseurs de soins parallèles ou de spécialistes en santé mentale que ceux qui en étaient exempts. Ces résultats font ressortir l’ampleur des répercussions de cette affection sur la qualité de vie et sur le coût des soins qu’elle engendre pour les malades et pour la société.


Lancement d’un programme global de formation

Aux lignes directrices sont intégrés des outils d’apprentissage comme des avis d’experts, des algorithmes et des moyens mnémoniques, présentés en vue de leur application pratique et immédiate par les médecins. De plus, un nouveau site Web, www.sinuscanada.com, a vu le jour aux fins de formation sur la rhinosinusite. Il se veut une ressource complète sur cette affection, et il comprend, entre autres, une vidéo sur la manière d’effectuer correctement l’examen du nez et des diaporamas.

De plus, un groupe de travail sur les normes et sur les pratiques exemplaires en matière de traitement de la rhinosinusite a été formé afin de faciliter la diffusion des lignes directrices et d’assurer leur mise à jour régulière. Le groupe se compose des organisations ayant pris part initialement à l’élaboration des lignes directrices; il s’agit de l’Association pour la microbiologie médicale et l'infectiologie Canada, de l’Association canadienne des médecins d'urgence, de la Société canadienne d'allergie et d'immunologie clinique, de la Société canadienne d’oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale et du Regroupement canadien des médecins de famille en santé respiratoire.


À propos de la rhinosinusite

La rhinosinusite est une maladie fréquente ayant des répercussions importantes sur la qualité de vie et les dépenses en soins de santé et entraînant des pertes économiques par l’absentéisme des travailleurs et les pertes de productivité. D’après les données les plus récentes, on estime à 2,6 millions le nombre de cas de rhinosinusite par année au Canada, et à 2,89 millions le nombre d’ordonnances délivrées pour le traitement de la RSA et de la RSC, dont les deux tiers environ concernent la RSA et le tiers, la RSC.

D’après une enquête sur les ménages, au Canada, la prévalence de la RSC est de 5 %. Elle est plus élevée chez les femmes que chez les hommes (5,7 % contre 3,4 % chez les personnes de 12 ans et plus) et elle augmente avec l’âge.

Résumé des lignes directrices canadiennes sur la prise en charge 
de la rhinosinusite aiguë et chronique

Source : SinusCanada.com