Petit atlas de chirurgie mineure

Comment traiter adéquatement un lipome?

Le lipome représente la tumeur bénigne la plus fréquente chez l’être humain. On peut retrouver un lipome partout où des tissus graisseux sont présents. Les causes de ces lésions ne sont malheureusement pas définies. Il existe toutefois certains cas de lipomatose familiale multiple. Le lipome se compose d’adipocytes matures et est souvent entouré et délimité par une fine capsule. Dans la plupart des cas, le lipome se délimite facilement des tissus avoisinants. Il est mollasse et bien mobile. Toutefois, surtout au niveau de la nuque et de l’épaule, il peut contenir des fibres de collagène dures et former des grappes qui adhèrent fermement aux tissus adjacents. Étant donné que le lipome est de nature bénigne, l’exérèse n’est pas toujours nécessaire. Il faut la réserver aux lésions symptomatiques ou qui déforment de façon évidente la surface de la peau. De plus, il faut se méfier d’un lipome qui progresse rapidement ou dont le diamètre est supérieur à 5 cm, car le diagnostic pourrait bien être différent (liposarcome ou autre lésion maligne des tissus sous-cutanés). L’exérèse s’impose donc d’emblée dans ces situations.
La technique d’exérèse est plutôt simple. Une simple incision transverse est effectuée en regard de la lésion. Dans le cas d’un petit lipome simple, une énucléation se fait facilement à l’aide d’une pince hémostatique. Si le lipome est plus volumineux ou mal défini, une dissection minutieuse au bistouri ou au ciseau est alors nécessaire. Il faut s’assurer que toute la lésion a été excisée. La couleur, la texture et l’apparence de la graisse d’un lipome diffèrent en général suffisamment de celles des tissus normaux adjacents de sorte qu’il est relativement facile de vérifier la qualité de l’exérèse. La fermeture de la plaie se fait de façon standard, sauf si le lipome est volumineux, et laisse une cavité résiduelle importante. On suggère alors de laisser un drain pendant de 24 à 72 heures pour éviter l’accumulation de sérosité ou de sang dans la cavité de dissection.

Lésions cutanées simples
Lipome de la nuque

Les kystes

Les kystes cutanés sont monnaie courante dans la pratique de tout omnipraticien. On les reconnaît en effet facilement : il s’agit de nodules sous-cutanés, plus ou moins volumineux, fermes, qui peuvent être disséminés sur tout le corps. Ils sont souvent nommés kystes sébacés. Toutefois, ce terme est inexact, car le contenu de ces kystes est le plus souvent de la kératine et non du sébum. Il existe plusieurs formes de kystes cutanés, malgré leur apparence similaire en clinique. Tous ces kystes sont sous-cutanés et créent une protubérance plus ou moins marquée à la surface de la peau. Ils sont constitués d’une enveloppe (ou coque) remplie d’une quantité variable de substance blanchâtre et souvent malodorante. L’enveloppe se compose d’une couche d’épiderme donnant sur la cavité interne du kyste, avec des couches plus profondes s’éloignant vers la périphérie. C’est dans la composition des couches plus profondes qu’on distingue les différentes sortes de kystes.

Kyste épidermique de la région cervicale
Kyste chevelu

Ongle incarné

Onychectomie radicale
Onychectomie partielle


* Textes tirés de l'article Petit atlas de chirurgie mineure par Dr Jacques Labrèche, parus dans Le Médecin du Québec.