PROFIL DE PRATIQUE DES MÉDECINS OMNIPRATICIENS QUÉBÉCOIS
2010 - 2011

Par Isabelle Paré, Ph. D., Le 30 octobre 2013

Table des matières

 

 

Sommaire

En 2010-11, 8187 médecins omnipraticiens offraient des services de santé à la population, soit 7867 médecins équivalents temps plein (médecinETP). Depuis la publication du Profil de pratique des médecins omnipraticiens québécois 2006-2007 (Paré, I. 2008), ce sont 461 médecinsETP qui se sont ajoutés, soit 115 médecins par année en moyenne. Nonobstant l’arrivée plus importante de jeunes médecins depuis quelques années, l’âge moyen des omnipraticiens augmente et est actuellement de 50 ans. Les femmes, qui sont désormais plus nombreuses à joindre la profession (73 % des jeunes médecins), font en sorte que la proportion hommes/femmes est maintenant égale. Une disparité de revenus s’observe toutefois entre les sexes tout au long de la carrière.

Nous reprenons cette année une variable indépendante clé qui est celle du nombre d’années d’expérience, c’est-à-dire les médecins comptant 10 ans de pratique et moins, ceux ayant entre 11 et 19 ans d’expérience et ceux exerçant depuis au moins 20 ans. Poursuivre une partie de l’analyse suivant cette variable permet d’observer si les tendances de 2006-2007 se maintiennent.

Le premier constat est que la pratique de première ligne a crû de près de 2 % comparativement à 2006-2007. un timide gain qui souligne l'intérêt pour la pratique de première ligne. Quant à la deuxième ligne, près de trente-sept pour cent (36,5 %) des médecins y travaillent, soit 1,5 % de moins qu’il y a quatre ans, nonobstant des mesures spécifiques à cette pratique.

La première ligne est portée par des médecins qui comptent au moins 20 ans de pratique. De fait, ces derniers composent 69 % de l’effectif médical en première ligne. Quant à la 2e ligne, ce sont les jeunes médecins de 10 ans de pratique et moins qui y œuvrent massivement, surtout à l’urgence et à l’hospitalisation. Ils forment 37 % de l’effectif médical en deuxième ligne, et ce, bien qu'ils soient 2,5 fois moins nombreux que les médecins ayant 20 ans d’expérience et plus qui, eux, comptent pour 36 %. Le changement le plus important s’observe chez les médecins ayant de 11 à 19 ans de pratique avec l’augmentation de leur participation à la deuxième ligne et, corolairement, une diminution de leur présence en première ligne. Quarante-huit pour cent d’entre eux exercent en deuxième ligne, soit un gain de 5 % depuis quatre ans, et 52 % le font en première ligne, soit une perte de 5 %. Ce groupe de médecins semble donc adopter un modèle de pratique qui se rapproche davantage de celui des jeunes médecins que de celui des médecins expérimentés, c’est-à-dire une pratique plus hospitalière que de prise en charge et de suivi de patients. Cette tendance mérite d’être observée à plus long terme.

À la polyvalence caractéristique des omnipraticiens québécois, certains médecins choisissent une pratique exclusive dans l’une ou l’autre des lignes de soins. La pratique exclusive en première ligne, c’est-à-dire un médecin qui retire 90 % de ses revenus de la première ligne, s’est accrue de 2 % cette année comparativement à 2006-2007. Cette augmentation s’explique essentiellement par l’accroissement du nombre de médecins comptant 20 ans de pratique et plus qui s’y consacrent, soit 58 % d’entre eux. La pratique exclusive en deuxième ligne a perdu pour sa part 2 %.

Nous ajoutons cette année un volet sur les régions administratives du Québec. Deux regroupements régionaux s’observent suivant les paramètres de l’âge des médecins et du recrutement, soit les régions vulnérables et les régions mieux nanties. Ainsi, les régions de Québec, de Montréal, de l’Estrie, de Chaudière-Appalaches, de Laval, de Lanaudière, des Laurentides et de la Montérégie sont vulnérables selon des critères liés au vieillissement des médecins, à l’offre de service et au recrutement. Les régions du Saguenay—Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent, de la Mauricie—Centre-du-Québec, de l’Outaouais, de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Côte-Nord et de Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine présentent une situation plus avantageuse relativement à leur recrutement ou à l’âge moyen de leur effectif médical. Cette bonne performance sur le plan du recrutement ne doit pas faire oublier pour autant la pénurie criante de médecins dans plusieurs régions.

 

Données et méthodologie

Source des données

Les données ayant servi à dresser le profil de pratique des omnipraticiens sont celles de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec. Elles proviennent de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) et concernent la facturation des médecins exerçant dans le régime public pour la période du 1er avril 2010 au 31 mars 2011. La rémunération à l’acte, à tarif horaire, à honoraires fixes et à forfait est prise en compte.

Les données populationnelles par région proviennent de l’Institut de la statistique du Québec et sont accessibles au www.isq.gouv.qc.ca.

 

Population à l’étude

La population à l’étude est composée des médecins ayant facturé au moins un dollar à la RAMQ entre le 1er avril 2010 et le 31 mars 2011, sauf les omnipraticiens hors Québec. La rémunération différente issue de l’application des annexes XII et XIIa de l’Entente, qui entraîne une bonification du revenu pour certains omnipraticiens, n’a pas été considérée afin de comparer les différents secteurs d’activités et les régions sur une base unifiée de revenu régulier. Les mesures incitatives (indemnités de déménagement, éloignement, programmes de formation et de ressourcement) et les mesures particulières (départ assisté, adoption, fin de carrière, maternité, etc.) sont aussi exclues des données. Deux raisons justifient ce choix. D’abord, il ne s’agit pas d’une rémunération. Ensuite, puisque ces mesures s’appliquent à un médecin sans distinction de son type de pratique (1re ou 2e ligne), l’imputation à un secteur de pratique plutôt qu’à un autre biaise la réalité.

 

Méthodologie

Pour tracer un portrait de l’offre de services médicaux le plus fidèle à la réalité, il importe de tenir compte de l’intensité du travail des médecins. Pour ce faire, il faut considérer différents paramètres (âge, sexe, etc.) et le fait que les médecins travaillent parallèlement dans divers secteurs d’activités et dans différentes régions. Par conséquent, la méthode mise au point par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) pour calculer un médecin équivalent temps plein1 a été retenue. Cette méthode délimite une zone centrale à partir de laquelle il est possible de pondérer l’intensité et l’offre de service des médecins. Ainsi, les médecins dont le revenu annuel se situe entre le 40e et le 60e centile2 de la distribution des revenus correspond à un équivalent temps plein (ETP). Ceux dont le revenu annuel est inférieur au 40e centile se voient attribuer une fraction d’ETP équivalant à leur revenu divisé par le 40e centile. Quant aux médecins dont le revenu est supérieur au 60e centile de la distribution de revenu, l’ETP se calcule ainsi : 1 + ln (revenu du médecin/60e centile). L’ajout de la fonction logarithmique au rapport entre le revenu du médecin et le 60e centile permet d’éviter que les médecins ayant un revenu élevé présentent un ETP très élevé, ce qui entraînerait un écart trop important par rapport à la zone centrale. L’utilisation du logarithme permet conséquemment d’aplanir les écarts trop importants3.

L’indice du médecin équivalent temps plein est, par définition, sensible au revenu. La rémunération des omnipraticiens inclut une part grandissante de mesures forfaitaires. Cet indice, valable et pertinent dans le cadre de l’étude actuelle, devra toutefois faire l’objet d’une réflexion pour les études ultérieures afin de ne pas surestimer l’activité clinique et l’offre de service au sein d’une rémunération incluant des mesures forfaitaires.

 

L’effectif médical au Québec

1. La démographie médicale en médecine familiale

Le nombre d’omnipraticiens en exercice au Québec en 2010-2011 est de 8187. Il s’agit d’un ajout net de 468 nouveaux médecins depuis 2006, soit une moyenne annuelle de 117 nouveaux médecins4. Bien qu’utile pour connaître le nombre de médecins en pratique et leur portrait démographique, cette donnée n’informe pas sur l’intensité de travail des médecins et ne peut refléter la pratique polyvalente des médecins au sein des différents secteurs de pratique. C’est pourquoi la donnée du médecin équivalents temps plein (médecinETP) est utilisée dans l’étude. Ainsi, les 8187 médecins en pratique représentent 7863 médecins équivalents temps plein. La figure 1 présente l’évolution de l’effectif médical depuis 1998.

 

Figure 1
Évolution du nombre d’omnipraticiens et d’équivalents temps plein (ETP)

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L’âge moyen est passé de 47,6 ans en 2006-2007 à 50 ans en 2010-2011 (figure 2). Cette augmentation signifie que le nombre de jeunes médecins qui débutent leur pratique n’est pas suffisant pour infléchir la tendance du vieillissement du corps médical. Les femmes médecins sont plus jeunes que leurs confrères avec un âge moyen de 45 ans comparativement à 55 ans pour les hommes.

Figure 2
Évolution de l’âge moyen des omnipraticiens depuis 1998-1999

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Conséquence directe du vieillissement du corps médical, la proportion de médecins de 45 ans et moins a diminué depuis quatre ans, passant de 42 % à 34 %, et ce, bien que les cohortes de nouveaux médecins des dernières années soient plus importantes que par le passé (Figure 3).

Figure 3
Répartition des médecins selon les groupes d’âge

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À l’instar des cohortes d’étudiants en médecine, la profession poursuit sa féminisation. Les nouveaux médecins étant surtout des femmes (73 % des médecins ayant dix ans d’expérience et moins), la proportion femmes/hommes est désormais équilibrée à 50-50.

Afin de voir si les tendances observées dans le Profil de pratique des médecins omnipraticiens 2006-2007 se maintiennent ou s’amenuisent, nous poursuivons dans cette édition une partie de l’analyse reposant sur les années de pratique. Ainsi, les médecins de 10 ans et moins, ceux de 11 à 19 ans et ceux comptant 20 ans de pratique et plus sont analysés afin d’observer le type de médecine qu'ils pratiquent (figure 4).

 

Figure 4
Nombre de médecins selon les années de pratique

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Les médecins totalisant 20 ans de pratique et plus représentent plus de la moitié de tous les médecins (56 %). Conséquemment, même en rassemblant les deux autres groupes, les médecins comptant moins de 20 ans d’expérience sont en nombre inférieur. Il faudra se souvenir de cette surreprésentation des médecins ayant 20 ans de pratique et plus lors des analyses subséquentes (tableau 1).

 

Tableau 1
Distribution des médecins selon le sexe et les années de pratique
— par médecins et par médecinsETP

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Le nombre d’années de pratique moyen est de 21,5 ans, soit 26 ans pour les hommes et 17 ans pour les femmes.

Le revenu moyen des omnipraticiens est de 197 794 $5. Le tableau 2 présente le revenu moyen et l’ETP moyen pour des médecins selon les regroupements d’années de pratique et le sexe.

 

Tableau 2
Revenu moyen des médecins selon les années de pratique et le sexe

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C’est lorsque les médecins comptent de 11 à 19 ans d’expérience que l’intensité de la pratique est à son apogée. L’ETP moyen de ce groupe est de 1,02, soit 0,94 chez les femmes et 1,15 chez les hommes. Dans tous les groupes, les femmes ont un revenu moyen plus faible que les hommes. L’écart de revenu affiché avec leurs confrères est de 24 % pour les médecins ayant 10 ans de pratique et moins, 25 % pour ceux comptant entre 11 et 19 ans et de 20 % pour ceux totalisant 20 ans de pratique et plus. Corollairement, l’équivalent temps plein moyen des femmes est également inférieur à celui de leurs confrères, ce qui signifie que leur offre de service est moindre.

En début de carrière, les congés de maternité et les responsabilités familiales assumées davantage par la mère expliquent vraisemblablement les différences de revenu et un taux moyen d’équivalent temps plein plus faible. Or, on observe que ces différences prévalent jusqu’à la fin de la carrière. Il semble que la conciliation travail-famille, notamment, soit davantage du ressort des femmes, et ce, tout au long de leur carrière.

Au-delà des disparités observées entre les femmes et les hommes médecins, c’est toute la société qui a changé. Depuis peu, les jeunes font connaître leurs préoccupations pour une réelle conciliation travail-famille ou travail-loisir. Les dernières générations prônent ainsi une réorganisation du temps de travail. Du côté médical, la façon de pratiquer la médecine a évolué. Les outils informatiques, la pratique de groupe et l’accueil clinique, absents jusqu’à une période relativement récente, ont contribué à transformer l’exercice de la médecine familiale. Par conséquemment, les médecins travaillent différemment, ce qui ne fait qu’accroître leur polyvalence, leur performance et leur efficacité.

 

2. La répartition des médecins selon les lignes de soins

Il est coutume de faire référence au système médical suivant trois lignes de soins. Selon Sholtis et coll. (2006)6, la première ligne fait référence aux soins de santé courants pratiqués dans une infrastructure diagnostique et thérapeutique légère. On pourrait ajouter à cette définition que la première ligne est principalement l’apanage des médecins en cabinet (cabinet privé, domicile, GMF, clinique-réseau et CLSC). La deuxième ligne fait référence à des soins de santé ne pouvant être traités au sein de la première ligne et qui demandent une infrastructure diagnostique et thérapeutique plus importante offerte dans les centres hospitaliers de soins généraux. La troisième ligne de soins, pour sa part, permet de traiter des problèmes médicaux complexes ou rares nécessitant des soins ultraspécialisés et une infrastructure diagnostique et thérapeutique qui n’est disponible que dans les centres hospitaliers universitaires. Un petit nombre d’omnipraticiens exercent en 3e ligne, notamment à l’Institut de Cardiologie de Montréal.

Bien que ce soit sous-entendu, la première ligne fait référence au point d’entrée du patient dans le système de santé, soit habituellement le cabinet du médecin. Cette caractéristique essentielle est à la base de la définition proposée par Starfield.

Les secteurs de la 1re ligne où pratiquent les médecins en 2010-2011 sont les cabinets, les groupes de médecine de famille (GMF), les cliniques-réseau, les unités de médecine familiale (UMF), les centres locaux de services communautaires (CLSC), les soins à domicile et les centres de détention. La deuxième ligne de soins à laquelle participent les omnipraticiens comprend l’ensemble des activités effectuées en établissement soit, les centres hospitaliers de soins généraux et spécialisés (CHSCS), les centres hospitaliers de soins de longue durée publics et privés (CHSLD), les centres de réadaptation physique, les laboratoires de radiologie, les unités de décision clinique (CHSLD) et Urgence santé. Le tableau 3 dresse la répartition des médecinsETP dans chacune des lignes.

 

Tableau 3
Répartition des médecinsETP

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La première ligne a fait un gain de près de 2 % quant au nombre de médecinsETP comparativement à 2006-2007 (+1,6 %) alors que la deuxième ligne a fléchi d’autant, soit de 1,5 %7.

Les données qui suivent sont présentées sous deux formes. D’abord, selon les années de pratique des médecins, soit les médecins ayant 10 ans de pratique et moins (jeunes), ceux comptant de 11 à 19 ans de pratique (intermédiaires) et ceux en poste depuis au moins 20 ans (expérimentés). Les données sont ensuite présentées suivant la variable d’analyse.

La figure 5 présente la répartition des médecinsETP selon les années d’expérience et les lignes de soins. La majorité des jeunes médecins évoluent en 2e ligne (63 %) alors que les médecins d’expérience exercent davantage en 1re ligne (76 %). La pratique des médecins comptant de 11 à 19 ans d’expérience est mieux équilibrée puisque 52 % d’entre eux exercent en 1re ligne et 48 %, en deuxième. Bien qu’il y ait un léger gain en 1re ligne pour les jeunes médecins et ceux d’au moins 20 ans comparativement à 2006-2007, le changement le plus important survient auprès des médecins comptant de 11 à 19 ans d’expérience alors que la 1re ligne perd 5 % de son effectif au profit de la 2e ligne. Cela s’explique vraisemblablement par le passage de médecins qui, en 2006-2007, totalisaient 10 ans de pratique et moins et qui ont conservé un profil de pratique plus hospitalier que les confrères ou les consœurs plus âgés.

 

Figure 5
Répartition des ETP suivant les lignes de soins et les années de pratique

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L’analyse de la composition des lignes de soins nous renseigne sur la mixité du groupe ou sur la prédominance de l’un d’entre eux (figure 6). Tout comme en 2006-2007, les médecins les plus expérimentés composent massivement la 1re ligne (69 % actuellement contre 64 % en 2006-2007), suivis plus loin des deux autres groupes. Malgré leur faible poids démographique au sein du corps médical, les jeunes médecins (10 ans de pratique et moins) constituent 37 % de l’effectif médical en 2e ligne, soit la proportion la plus importante malgré une baisse de 4 % depuis 2006-2007.

 

Figure 6
Composition des lignes de soins (médecinsETP)

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2.1. Portrait de la première ligne8

Alors que les cabinets regroupaient la plus grande proportion de médecins en 2006-2007, ce sont les GMF qui exercent cette année une plus grande force d’attraction auprès des médecins, sauf chez ceux comptant 20 ans de pratique et plus où GMF et cabinet sont ex æquo (figure 7). Précisons que depuis avril 2007, 98 nouveaux GMF ont vu le jour, expliquant du coup la présence accrue des médecins dans ce type d’organisation.

Figure 7
Répartition des médecinsETP en 1re ligne selon les années de pratique

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Les médecins qui comptent 20 ans et plus d’expérience dominent l’ensemble des secteurs de la 1re ligne (figure 8). Ils sont les piliers des services de première ligne, la porte d’entrée du système de santé. Il faut assurer leur relève, tout en continuant à solidifier les bases d’une première ligne accessible qui jouera pleinement son rôle de prise en charge et de suivi de patients.

 

Figure 8
Répartition des médecinsETP selon les secteurs de pratique de la première ligne

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La première ligne a gagné deux points de pourcentage en quatre ans. C'est une bonne nouvelle, mais nous sommes loin de la coupe aux lèvres en ce qui a trait aux problèmes d’accessibilité de la population à un médecin de famille. Ce sont les médecins les plus expérimentés qui assument massivement l’offre de service en première ligne (69 %). Il est nécessaire d’innover et de rendre cette dernière forte et attirante pour les nouveaux médecins, condition essentielle pour le maintien, voire la survie de notre système de santé. Les nouveaux modèles de pratique qui se mettent graduellement en place (Accès adapté et modèles de pratique partagée médecin-infirmière), l’informatisation des cabinets est en cours et l’arrivée du Dossier Santé Québec sont autant d’outils qui contribueront à rendre la première ligne plus stimulante.

 

2.2 Portrait de la deuxième ligne

La présence des médecins de famille en 2e ligne (38 %) est l’une des caractéristiques du système de santé québécois. Comparativement à d'autres pays ou provinces, les omnipraticiens québécois occupent une large place au sein du système hospitalier. Trop souvent, les gens oublient que ce sont eux qui soignent les patients à l’urgence et qui les hospitalisent.

Deux secteurs de pratique hospitalière sont populaires auprès des omnipraticiens, soit l’hospitalisation et l’urgence. Quarante pour cent des omnipraticiens qui exercent en 2e ligne œuvrent auprès des malades hospitalisés. Nonobstant l’attrait qu’elle exerce, l’hospitalisation a perdu 2 % des médecinsETP depuis 2006-2007 alors que 42 % des médecins y œuvraient.

 

De son côté, l’urgence a vu son nombre de médecinsETP augmenter de 5 % depuis 2006-2007, passant de 38 % à 43 %. Outre les soins de longue durée qui ont connu une perte de 4 % depuis 2006-2007, les autres secteurs sont restés stables (figure 9).

 

Figure 9
MédecinsETP en CHSGS

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Trente-cinq pour cent des jeunes médecins, 34 % des médecins comptant de 11 à 19 ans de pratique et 38 % des médecins expérimentés travaillent à l’hospitalisation (figure 10). Sauf les jeunes médecins, les deux autres groupes ont vu leur nombre de médecinsETP diminuer à l’hospitalisation depuis 2006-2007, perdant 8 % chez les médecins totalisant entre 11 et 19 ans de pratique et 11 % chez les 20 ans et plus. Cette diminution a profité en partie à l’urgence puisque les médecins comptant de 11 à 19 ans de pratique affichent une hausse de leurs activités de 5 % contre 2 % pour ceux de 20 ans de pratique et plus.

 

 

Figure 10
Répartition des médecinsETP dans les services d’urgence et les unités d’hospitalisation

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Au niveau de la composition des lignes de soins (figure 11), on constate que les médecins comptant au moins 20 ans de pratique sont exercent plus nombreux en soins palliatifs, en cliniques externes, en soins gériatriques, en soins de longue durée, en réadaptation physique ainsi qu’en psychiatrie. Les jeunes médecins sont plus présents aux soins intensifs et à l’urgence. Ces derniers composent massivement l’effectif médical à l’urgence, soit 51 %, ce qui est important étant donné que les médecins ayant au moins 20 ans de pratique sont deux fois plus nombreux. À l’hospitalisation, jeunes médecins et médecins d’expérience composent de façon comparable ce secteur avec respectivement 36 % et 38 % de l’effectif médical.

 

 

Figure 11
Composition des différents secteurs en CHSGS par groupes d’âge

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Depuis 2006-2007, les activités des omnipraticiens en 2e ligne ont faiblement diminué, passant de 39 % à 37,5 %. La participation des médecins omnipraticiens en deuxième ligne demeure toutefois extraordinaire et souligne d’autant leur polyvalence alors que plus du tiers des omnipraticiens consacrent temps et énergie aux activités hospitalières.

On remarque également que seul le groupe des médecins ayant entre 11 et 19 ans de pratique a accru ses activités en 2e ligne depuis quatre ans. Le temps nous dira si l’arrivée progressive des jeunes médecins dans ce groupe accentuera ce type de pratique ou si, au contraire, la pratique de ces médecins évoluera vers un type de médecine qui se rapproche de celle de leurs confrères de 20 ans de pratique et plus. Une chose est certaine, le travail des omnipraticiens à l’hôpital est inestimable, même s’il est légitime de se questionner sur son ampleur en parallèle avec le rôle des médecins spécialistes dans ces mêmes établissements.

3. La pratique exclusive dans chacune des lignes de soins et les activités médicales particulières

L’analyse de la pratique exclusive en établissement revêt un caractère particulièrement intéressant pour le Québec en raison de la forte présence des médecins praticiens en deuxième ligne. Une pratique exclusive en 1re ou en 2e ligne fait référence à un médecin dont au moins 90 % de ses revenus provient d'une de ces lignes. D’emblée, nous reconnaissons que le seuil de 90 % comporte une part d’arbitraire. Toutefois, la valeur retenue reflète fidèlement la concentration de l’offre de service dans une ligne.

Le tableau 4 présente la proportion de médecins en pratique exclusive par ligne et par regroupement de médecins selon les années de pratique. Précisons qu’il ne s’agit pas de médecinsETP, mais bien de ceux qui gagnent 90 % de leur revenu et plus dans l’une ou l’autre des lignes de soins.

 

 

Tableau 4
Pratique exclusive selon les lignes de soins et les groupes de pratique

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Quarante pour cent des médecins ont une pratique exclusive en première ligne et 19 % en deuxième ligne. Depuis 2006-2007, la pratique exclusive en 1re ligne a gagné 2 % au profit de la 2e ligne9. Cette augmentation s’explique vraisemblablement par la mise sur pied des nouveaux GMF par les mesures favorisant la prise en charge et le suivi de patients en 1re ligne. De tous les médecins, ce sont ceux comptant 20 ans de pratique et plus qui sont les plus nombreux à se consacrer exclusivement à la 1re ligne, qui font de ces médecins les piliers dans la prise en charge et le suivi de patients.

Dix-neuf pour cent des médecins ont une pratique exclusive en 2e ligne. Ce type de pratique est particulièrement populaire chez les jeunes médecins (32 %). Conformément à ce que nous observons depuis le début de l’analyse, les médecins ayant entre 11 et 19 ans de pratique sont un peu plus nombreux à pratiquer exclusivement en 2e ligne depuis 2006-2007 (+3 %) alors qu’ils diminuent leur pratique exclusive en 1re ligne de 5 %.

Les médecins ayant moins de 20 ans de pratique sont soumis aux activités médicales particulières (AMP). Il est difficile de ne pas faire de lien entre la pratique exclusive en 2e ligne et les AMP qui sont surtout des activités hospitalières. Ces dernières semblent difficiles à concilier avec la pratique de 1re ligne. C’est pourquoi une pratique consacrée à la 2e ligne semble alléchante pour le tiers des jeunes médecins. Cette réalité sera à ̀réévaluer puisque, depuis le mois d’octobre 2011, la prise en charge et le suivi de patients est enfin reconnue comme AMP.

 

4. Analyse régionale des services

Le profil régional présente les effectifs en place pour chaque région, l’offre de service et un portrait démographique des médecins. Il n’est certes pas exhaustif, mais vise à mieux cerner les problèmes de recrutement des médecins, les enjeux d’offre de service en première ligne plus particulièrement et les régions à risque de rupture d’offre de service.

Un portrait régional nécessite toutefois une mise en garde relativement à l’interprétation des données. En effet, 21 % des médecins travaillent dans plus d’une région, ce qui a pour effet de diminuer les moyennes régionales. Par exemple, un médecin dont le revenu annuel est de 200 000 $ et où 150 000 $ provient d’activités à Québec et 50 000 $ dans Chaudière-Appalaches, a un apport régional diminué comparativement à un médecin ayant le même revenu dans une seule région.

Cette répartition régionale du revenu a conséquemment un effet sur l’ETP moyen. Prenons l’exemple du Bas-Saint-Laurent. Cette région a un ETP moyen de 0,72, inférieur à l’ETP moyen provincial de 0,96. Cet ETP reflète exclusivement les activités médicales faites dans la région. Toutefois, l’ETP moyen grimpe à 0,98 lorsque la rémunération totale des médecins du Bas-Saint-Laurent est prise en compte, tant celle de la région que celle des autres régions où ils ont œuvré. Ce dernier indice atteste que le médecin est fort occupé, mais est peu pertinent dans l’optique de services offerts régionalement. Puisque l’objectif est d’illustrer l’offre de service régionale, seule la rémunération provenant de la région concernée est retenue.

Tout comme pour l’ensemble du document, la rémunération différente est exclue afin de permettre la comparaison entre les différentes régions.

 

Les régions administratives et
l'offre de services médicaux

 

Même si tous les Québécois ont accès à des services de santé, l’organisation des soins varie d’une région à l’autre. Nous proposons un portrait sommaire de l’offre de service régionale à l’aide de quelques indicateurs qui permettent d’établir des similarités et des différences entre les régions.

Commençons d’abord par le nombre de citoyens pour chaque médecin. Cet indicateur en est un de responsabilité populationnelle, mais il est théorique puisqu’il ne fait nullement référence au nombre de patients inscrits que devrait avoir un médecin. Il est toutefois fort utile, car il permet la comparaison entre les régions. La moyenne provinciale est d’un médecin pour 1005 citoyens.

Certaines régions ont une responsabilité populationnelle importante avec un ratio médecin/citoyens supérieur à la moyenne provinciale. Il s’agit de l’Outaouais (1/1133), de Laval (1/1162), de Lanaudière (1/1206), des Laurentides (1/1192) et de la Montérégie (1/1199).

Les données indiquent clairement que ces cinq régions souffrent d’un manque de médecins, ce qui n’enlève rien aux difficultés que vivent les autres régions. La pénurie mise en relief par le ratio se reflète sur le terrain par l’essoufflement des médecins et la difficulté, pour les citoyens, de consulter un médecin de famille. À l'opposé, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (1/546), la Côte-Nord (1/646) et le Nord-du-Québec (1/373) sont les régions qui ont la plus faible responsabilité populationnelle.

Un ratio populationnel en première ligne a également été calculé.Il fait référence au nombre de citoyens par médecin dans une région. La moyenne provinciale est de 1/1632.

Trois des régions dont les ratios populationnels sont les plus importants comptent aussi les ratios populationnels en première ligne les plus élevés. Il s’agit de l’Outaouais (1/1904), des Laurentides (1/1935) et de la Montérégie (1/1850). Ces régions subissent une pression encore plus forte en première ligne en raison du manque criant de médecins. La pénurie y est donc particulièrement importante quant à la prise en charge et au suivi des patients.

Par rapport aux deux ratios précédents, il est intéressant d’analyser la « performance » des régions en ce qui a trait à l’ajout de médecins entre 2006-2007 et 2010-2011. L’Estrie, Montréal, la Côte-Nord, Chaudière-Appalaches, les Laurentides, la Montérégie et le Nord-du-Québec affichent des taux d’ajout de médecins inférieurs à la moyenne provinciale de 6 %.

L’Estrie et la Côte-Nord ont un taux de recrutement plus faible qui s’explique par une rétention difficile. Quant à Chaudière-Appalaches, elle subit l’ombrage de sa proche voisine, Québec. Montréal, pour sa part, réussit fort bien dans le recrutement de nouveaux médecins, mais puisque l’âge moyen de ses médecins est élevé, les départs à la retraite ou la baisse d’activités contribuent à expliquer le faible ajout de médecins en quatre ans. L’Outaouais et Lanaudière ont obtenu des ajouts intéressants. Évidemment, cette bonne note ne doit pas faire oublier que l’Outaouais et Lanaudière affichent un écart préoccupant entre les médecins en place et les besoins de la population. Enfin, la Mauricie, l’Abitibi-Témiscamingue et la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine peuvent se féliciter de leur bonne performance.

C’est à Québec et à Montréal que l’on trouve la plus grande proportion de médecins qui exercent exclusivement en première ligne. La proportion de médecins ayant une pratique exclusive en première ligne est de 54 % à Montréal et de 49 % à Québec, et est supérieure à la moyenne provinciale de 40 %.

La proportion de médecins comptant dix ans de pratique et moins est de 24 % pour la province. Québec, l’Estrie, Montréal, Chaudière-Appalaches, Laval, Lanaudière et la Montérégie affichent une proportion de jeunes médecins inférieure à la moyenne provinciale. Ces régions comportent également une plus grande proportion de médecins comptant 20 ans d’expérience et plus que la moyenne provinciale (56 %), sauf Lanaudière où la proportion est de 56 %.

 

La figure 12 indique éloquemment les défis démographiques auxquels font face les médecins et, plus globalement, l’offre de services médicaux en général. Les courbes auraient tout intérêt à être inversées, c’est-à-dire qu’il faudrait plus de jeunes médecins dans la région que de médecins possédant 20 ans de pratique et plus afin d’assurer la relève et l’offre de service.

 

Figure 12
Distribution des médecins selon les années de pratique

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1 : Bas-Saint-Laurent ; 2 : Saguenay—Lac-Saint-Jean ; 3 : Québec ; 4 : Mauricie–Centre-du-Québec ; 5 : Estrie ; 6 : Montréal ; 7 : Outaouais ; 8 : Abitibi-Témiscamingue ; 9 : Côte-Nord ; 10 : Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine ; 11 : Chaudière-Appalaches ; 12 : Laval ; 13 : Lanaudière ; 14 : Laurentides ; 15 : Montérégie ; 16 : Nord-du-Québec, Nunavik, Terres-Cries-de-la-Baie-James

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Le Bas-Saint-Laurent est l’une des régions qui s’en tirent le mieux, ayant vu ses effectifs médicaux augmenter depuis quatre ans. La région présente une proportion de jeunes médecins supérieure à la moyenne provinciale et moins de médecins ayant au moins 20 ans de pratique. Ce profil avantageux où le nombre de jeunes médecins est en proportion supérieure à la moyenne provinciale est aussi le fait des régions du Saguenay—Lac-Saint-Jean, de la Mauricie—Centre-du-Québec, de l’Outaouais, de l’Abitibi-Témiscamingue, de la Côte-Nord et de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine. Les régions qui présentent des profils proches des moyennes provinciales ou encore qui ont moins de jeunes médecins que la moyenne, mais plus de médecins expérimentés, feront face à des défis de taille lorsqu’une masse critique de leurs omnipraticiens partira à la retraite sans que la relève soit suffisante.

L’âge moyen des médecins est de 50 ans. Québec et Laval (51 ans) ainsi que Montréal (53 ans) sont les régions où les médecins sont les plus âgés, suivies de Chaudière-Appalaches, de la Montérégie et de l’Estrie où l’âge correspond à la moyenne provinciale.

Bas—Saint-Laurent

Tableau 5

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : Le Bas-Saint-Laurent a vu ses effectifs médicaux faire un bond de 9,7 % en 4 ans, ce qui a eu des effets positifs sur le ratio populationnel, mais aussi sur celui de la 1re ligne. La responsabilité a diminué dans les deux cas depuis 2006. La proportion de service en 1re ligne a augmenté de 2 %, ce qui correspond à la tendance provinciale, passant de 53 % en 2006-2007 à 55 % en 2010-2011.

DÉMOGRAPHIE : Le portrait démographique de la région est enviable comparativement à celui de la province. De fait, la proportion de médecins comptant 10 ans de pratique et moins est beaucoup plus importante que la moyenne provinciale, soit respectivement 38 % et 22 %, alors que la proportion de médecins plus expérimentés, mais aussi plus âgés, est de 14 % inférieure à la moyenne provinciale. Les médecins sont aussi plus jeunes que la moyenne provinciale, affichant un âge moyen de 46 ans, soit 4 ans de moins que la moyenne provinciale.

 

 

 

Saguenay—Lac-Saint-Jean

Tableau 6

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : La région a fait un gain de 9 % de médecins équivalents temps plein depuis 2006. Ce gain a eu une incidence marquée sur les ratios populationnels qui ont diminué avec l’arrivée de ces médecins.

Le nombre d’ETP en 1re ligne a fait un bond de 17 %, ce qui a permis de bonifier l’offre de service en 1re ligne de 4 % depuis 2006.

 

DÉMOGRAPHIE : La proportion de jeunes médecins a diminué de 3 % pour augmenter du même pourcentage chez les médecins d’expérience. Toutefois, la proportion de jeunes médecins est plus grande que la moyenne provinciale et la proportion de médecins ayant 20 ans de pratique et plus est légèrement plus faible que la moyenne du Québec. C’est une bonne nouvelle même si le recrutement de médecins doit se poursuivre afin d’assurer l’offre de service aux citoyens.

 

 

Québec

Tableau 7

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : La région de Québec a fait un gain de médecins équivalents temps plein de 8,66 % depuis 2006. Comparativement aux autres régions universitaires que sont Montréal et l’Estrie, Québec est la région qui a les plus faibles ratios médecinsETP/population et médecinsETP 1re ligne/population. Concrètement, cela signifie qu’il y a moins de citoyens par médecin. L’offre de service en 1re ligne affiche un gain de 3 % depuis 2006-2007 et se situe donc dans la moyenne provinciale.

 

DÉMOGRAPHIE : Québec a vu diminuer en 2010-2011 sa proportion de jeunes médecins de 4 % alors que le nombre de médecins d’expérience (20 ans et plus de pratique) a crû de 6 %. Nonobstant le fait que la région est bien pourvue en médecins, Québec est dans une zone de fragilité en ce qui concerne l’âge moyen des omnipraticiens. Le peu de relève médicale contribue aussi à affaiblir la région. Depuis quatre ans, la proportion de jeunes médecins a diminué alors que la proportion de médecins d’expérience a augmenté. Un départ massif à la retraite est à craindre et un bris de service est à anticiper en raison de la faible relève médicale.

 

 

Mauricie—Centre-du-Québec

Tableau 8

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : La région de la Mauricie et du Centre du Québec a très bien performé au niveau du recrutement des médecins. Depuis 2006, le nombre de médecinsETP a augmenté de 14 %. Il y a eu un gain de 15 % des médecinsETP en 1re ligne alors que la proportion de services en 1re ligne a augmenté de 3 % depuis 2006 pour rejoindre la moyenne provinciale.

 

DÉMOGRAPHIE : La proportion de jeunes médecins a fait un gain de 4 % alors que la proportion de médecins ayant 20 ans d’expérience est stable depuis 2006. C’est une bonne nouvelle, car cela signifie une tendance au rajeunissement du corps médical, tendance qui devrait être amplifiée avec l’arrivée de nouveaux collègues. L’âge moyen est inférieur à celui de la moyenne provinciale, ce qui place la région en excellente position au niveau de la continuité de l’offre de service.

 

 

Estrie

Tableau 9

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : L’Estrie a des problèmes non pas tant d’attraction de médecins que de rétention. De fait, depuis quatre ans, seuls trois médecins équivalents temps plein de plus sont en poste. Une mobilité interrégionale au détriment de la région se fait sentir. Le ratio de médecins en 1re ligne ainsi que celui de médecins équivalent temps plein sont plus grands maintenant qu’en 2006, soulignant la pénurie importante de médecins de famille dans la région.

Le nombre de médecins équivalent temps plein en première ligne a diminué depuis 2006, ce qui a contribué à réduire la proportion de services en première ligne. Le nombre d’ETP en deuxième ligne, pour sa part, a légèrement augmenté, stabilisant l’offre de service. La répercussion du nombre restreint de nouveaux médecins dans la région se fait sentir au niveau du ratio de responsabilité populationnelle qui était d’un médecin pour 1432 citoyens en 2004 alors qu’il est d’un médecin pour 1490 en 2010, une augmentation de 58 citoyens.

 

DÉMOGRAPHIE : La démographie médicale a peu changé en quatre ans, plaçant la région en vulnérabilité relativement à la proportion importante de médecins comptant 20 ans de pratique et plus et, surtout, à la rétention négligeable de nouveaux médecins.

 

 

Montréal

Tableau 10

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : Montréal a fait un faible gain de 2,6 % médecinsETP depuis quatre ans, ce qui la classe au 4e rang des régions ayant la plus faible croissance de ses effectifs médicaux.

L’offre de service en 1re ligne a augmenté de 3 % depuis quatre ans. La pratique exclusive en 1re ligne (54 %) est supérieure à la moyenne provinciale (40 %), tout comme en 2e ligne (22 % contre 19 % pour la province).

 

DÉMOGRAPHIE : L’âge moyen des médecins montréalais est de 53 ans, soit 3 ans de plus que la moyenne provinciale. La proportion de médecins ayant 20 ans de pratique et plus est importante (60 %) et a augmenté de 5 % en quatre ans pour maintenant dépasser de 4 % la moyenne québécoise. Ajouter à cela le fait que les proportions de médecins comptant 10 ans de pratique et moins et de 11 à 19 ans ont diminué de 5 % pour la même période, Montréal est sérieusement fragilisée quant à sa relève médicale et, conséquemment, à son offre de service.

 

 

Outaouais

Tableau 11

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : L’Outaouais est l’une des régions qui a bien fait en ce qui a trait au recrutement de médecins puisqu’elle affiche 10 % de plus de médecins équivalents temps plein en 2010-2011 comparativement à 2006-2007. Cette bonne performance au niveau du recrutement ne doit pas faire oublier que la région affiche un écart préoccupant et important entre les médecinsETP en place et les besoins normalisés calculés dans le cadre du PREM 2013.

Comme dans plusieurs régions, l’offre de service en 1re ligne a fait un gain de 3 % depuis 2006-2007. Le nombre de médecinsETP en 1re ligne a, pour sa part, augmenté de 14 %.

 

DÉMOGRAPHIE : L’Outaouais se distingue favorablement des autres régions au niveau de la répartition des médecins. Trente pour cent des médecins ont 10 ans de pratique et moins, ce qui est supérieur au 22 % provincial. Même si la proportion de médecins comptant 20 ans de pratique et plus a augmenté de 3 % depuis 2006, elle est inférieure à la moyenne québécoise de 11 %. Il est à souhaiter que l’excellent recrutement se maintienne.

 

 

Abitibi-Témiscamingue

Tableau 12

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : La région a très bien performé en ce qui concerne le recrutement de médecins puisqu’elle affiche un gain de 13 % de médecins équivalent temps plein en 2010 comparativement à 2006. Il y a eu un gain de 2 % en ce qui concernel’offre de service en 1re ligne.

La région offre une proportion de service en 2e ligne plus élevée qu’en 1re ligne. Deux raisons expliquent cet état de fait. D’une part, les médecins qui souhaitent se prévaloir de la rémunération différente doivent obtenir le statut de membre actif à l’hôpital, ce qui nécessite d’y travailler activement. D’autre part, la prépondérance de la 2e ligne s’explique par une raison démographique. La taille de la population ne justifie pas l’ouverture de cliniques en heures défavorables en plus de l’urgence de l’hôpital. Par conséquent, le médecin opte pour l’urgence où, en plus des urgences médicales, il peut voir ses patients.

 

DÉMOGRAPHIE : L’Abitibi-Témiscamingue propose une distribution démographique médicale rassurante. De fait, plus du tiers des médecins ont 10 ans d’expérience et moins, ce qui en fait un corps médical relativement jeune avec un âge moyen de 46 ans. Conséquemment, l’offre de service semble assurée si la région continue à performer au niveau du recrutement de médecins et à maintenir l’offre de service.

 

 

Côte-Nord

Tableau 13

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : Les effectifs médicaux de la Côte-Nord ont augmenté de 2 % en quatre ans, ce qui est sous la moyenne provinciale de 6 %. Une proportion importante du revenu des médecins n’est pas tirée de la région. Cela suppose l’apport de médecins dépanneurs ou de médecins d’autres régions à l’offre de service régionale.

Comme l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord offre une proportion de service en 2e ligne supérieure à ce qui existe en 1re ligne. Deux raisons expliquent cette situation. D’une part, les médecins qui souhaitent se prévaloir de la rémunération différente doivent obtenir le statut de membre actif à l’hôpital, ce qui exige qu’ils y travaillent activement. D’autre part, la prépondérance de la deuxième ligne s’explique par une raison démographique. La taille de la population ne justifie pas l’ouverture de cliniques en heures défavorables en plus de l’urgence de l’hôpital. Conséquemment, le médecin opte pour l’urgence où, en plus des urgences médicales, il peut voir ses patients.

DÉMOGRAPHIE : Le nombre de médecins ayant 20 ans de pratique et plus est significativement plus faible que la moyenne provinciale, soit respectivement 41 % et 56 %. L’âge moyen des médecins de la Côte-Nord, 46 ans, en fait une des régions les plus jeunes du Québec. Cela signifie que le recrutement, au fil des dernières années, a porté fruits. La prudence s’impose toutefois, car la proportion de médecins comptant de 11 à 19 ans de pratique a significativement diminué depuis 2006 alors que la proportion de ceux de 20 ans et plus a augmenté. Bien que le portrait démographique global soit satisfaisant, les efforts doivent être poursuivis pour la stabilité des effectifs médicaux.

 

 

 

Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine

Tableau 14

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICES : La région présente un portrait enviable en ce qui a trait au nombre de médecinsETP en place puisqu’elle affiche un gain de 9,5 % entre 2006 et 2010. La responsabilité professionnelle en 1re ligne indiquée par le ratio médecins 1re ligne/population a connu une diminution considérable en quatre ans, ce qui est le reflet logique de l’augmentation du nombre de médecins dans la région. Cette augmentation du nombre de médecins est aussi une excellente nouvelle pour les citoyens.

La proportion de service en 1re ligne a augmenté de 41 % à 49 % alors que celle de 2e ligne a diminué en quatre ans. Une analyse plus approfondie de la région indique qu’avec l’arrivée de nouveaux médecins, tous les postes en 2e ligne ont été comblés. On dénote également une augmentation du nombre de médecins spécialistes dans la région, ce qui contribue à expliquer l’accroissement des services en 1re ligne pour les médecins omnipraticiens.

 

DÉMOGRAPHIE : Le corps médical de la région est l’un des plus jeunes de la province avec un âge moyen de 45 ans, soit cinq ans sous la moyenne provinciale. Il y a davantage de jeunes médecins et moins de médecins expérimentés que la moyenne provinciale, ce qui place la région en excellente position quant à l’offre de services.

 

 

Chaudière-Appalaches

Tableau 15

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : La région a connu un infime gain d’effectifs d’un pour cent, soit 4 médecins équivalent temps plein de plus en quatre ans. La 1re ligne est la plus touchée par cette faible arrivée de nouveaux médecins dans la région. Les ratios populationnels ont également augmenté comparativement à 2006-2007.

 

DÉMOGRAPHIE : Chaudière-Appalaches souffre de sa proximité géographique avec Québec. La région a un pouvoir d’attraction réduit et une rétention anémique qui font craindre le pire en termes d’offre de service. S’ajoutent à cela des médecins qui se font vieillissants et une relève peu assurée par rapport au faible gain d’ETP en quatre ans.

 

 

Laval

Tableau 16

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : Laval affiche un gain de 7 % relativement au nombre de médecinsETP depuis 2006. Les ratios populationnels ont diminué avec l’arrivée de nouveaux médecins, ce qui est profitable tant pour les médecins que pour les citoyens. L’offre de service en 1re et 2e lignes est toutefois restée stable.

 

DÉMOGRAPHIE : La région est à risque de bris de service en raison de l’âge moyen des médecins qui est supérieur à la moyenne québécoise et parce qu’elle présente une distribution des médecins selon leurs années de pratique qui est préoccupante. Il y a moins de jeunes médecins que la moyenne provinciale et davantage de médecins expérimentés. Il faut veiller à recruter de jeunes médecins afin de combler les départs à la retraite.

 

 

Lanaudière

Tableau 17

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : La région a réalisé un grain très intéressant de 12 % relativement au nombre de médecinsETP en place depuis 2006. L’offre de service en 1re et en 2e ligne est restée stable. En raison du petit nombre d’hôpitaux sur le territoire, la proportion de services offerts en première ligne est des plus importantes (66 %).

 

DÉMOGRAPHIE : La démographie médicale de la région est préoccupante. Il y a eu diminution, depuis 2006, du nombre de jeunes médecins et de ceux comptant de 11 à 19 ans de pratique et augmentation de 10 % des médecins les plus expérimentés. Le bassin de relève n’est pas en place pour limiter les bris de service et combler les vides que créeront les départs à la retraite. Il faut donc veiller à ce que la région bonifie son recrutement pour éviter une possible diminution de l’offre de service. Cela est un défi de taille sachant que la région est en situation de pénurie d’effectifs, comme le souligne le calcul du PREM 2013 alors que s’observe un écart important entre le nombre de médecinsETP en place et les besoins normalisés dans la région.

 

 

Laurentides

Tableau 18

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : Les Laurentides affichent une augmentation de 4 % de ses effectifs médicaux, ce qui est inférieur à la moyenne provinciale. La population de la région a crû et l’arrivée de médecins ne s’est pas faite en nombre suffisant puisque la responsabilité populationnelle a augmenté depuis quatre ans. De fait, les ratios médecinsETP/population et médecinsETP 1re ligne/population sont plus élevés qu’en 2006-2007.

 

DÉMOGRAPHIE : Le corps médical des Laurentides vieillit, et il n’y a pas de relève pour atténuer cette réalité. L’étendue du territoire, avec les Basses-Laurentides près de Laval et de Montréal, et les Hautes-Laurentides, éloignées d’un grand centre urbain, complexifie le recrutement et l’établissement des médecins sur le territoire. Une chose est certaine : le recrutement de jeunes médecins et la rétention de ces derniers doit s’intensifier afin d’offrir tous les services à la population. Cette pénurie de médecins dans la région est d’ailleurs soulignée dans le calcul du PREM 2013 qui montre un écart préoccupant entre les médecinsETP en place et les besoins normalisés.

 

 

Montérégie

Tableau 19

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : L’augmentation du nombre de médecinsETP est de 4,6 %, ce qui situe la région sous la moyenne régionale de 6 %. La population a augmenté au même rythme que l’ajout de médecins dans la région, soit 4,2 %, ce qui a inhibé l’apport des nouveaux médecins. Conséquemment, le ratio médecinsETP 1re ligne a augmenté depuis 4 ans, passant de 1 médecin pour 1827 citoyens à 1 médecin pour 1850.

 

DÉMOGRAPHIE : La région est à risque de rupture d’offre de service en ce qui a trait à l’échelle d’âge des médecins. De fait, les jeunes médecins et les médecins comptant entre 11 et 19 ans d’expérience y sont en plus faible proportion en 2010 qu’en 2006 alors que la proportion de médecins ayant 20 ans de pratique et plus a augmenté de 4 %. La pénurie de médecins est criante. La Montérégie est la région qui affiche l’écart le plus important entre les médecinsETP en place et les besoins normalisés dans le cadre du PREM 2013. Il s’agit donc d’une région en détresse quant à l’offre de service à ses citoyens.

 

 

Nord du Québec, Nunavik,
Terres-cries-de-la-Baie-James

Tableau 20

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EFFECTIFS MÉDICAUX ET OFFRE DE SERVICE : Cette région a un profil particulier puisque beaucoup de médecins dépanneurs y exercent. Seuls 3 médecinsETP se sont ajoutés aux médecins en poste depuis 4 ans, ce qui donne une faible augmentation de 3 %.

 

DÉMOGRAPHIE : Le Nord-du-Québec est la seule région qui a une si grande proportion de jeunes médecins (41 %) et une si faible de médecins ayant 20 ans de pratique et plus. L’offre de service est continuellement à refaire, avec de nouveaux médecins qui viennent en aide aux médecins « permanents » pour assurer un service de santé aux populations autochtones du Québec.

Tableau synthèse des régions

 

Conclusion

 

L’analyse des données de 2010-2011 et la comparaison avec les données du Profil de pratique 2006-2007 soulignent un léger gain des effectifs médicaux en première ligne. Il faut que cette progression se poursuive dans les années à venir alors que différentes mesures mises de l’avant telles que l’Accès adapté, la pratique interprofessionnelle, l’informatisation, les forfaits de prise en charge et de suivi, etc., contribueront à revitaliser la médecine de première ligne.

Les médecins comptant 20 années de pratique et plus demeurent les piliers de la 1re ligne. Les jeunes médecins, même s’ils sont toujours aussi engagés en deuxième ligne, sont moins nombreux à s’y consacrer exclusivement. De fait, la proportion de jeunes médecins qui pratiquent exclusivement en 2e ligne a diminué de 4 % depuis quatre ans. Les activités médicales de deuxième ligne sont essentielles à notre système de santé hospitalocentriste, et l’apport des omnipraticiens à celui-ci est indiscutable. Malgré tout, la 1re ligne a subi les contrecoups de mesures administratives (AMP) qui ont privilégié les activités hospitalières et a ainsi été reléguée au second plan. Il faut poursuivre sa valorisation, amorcée depuis quelques années, et retrouver l’équilibre.

Ensuite, le profil de pratique des médecins comptant de 11 à 19 ans de pratique étonne. Nous observons une intensification des activités en 2e ligne pour ce groupe. Est-ce que cela s’explique par l’arrivée des médecins auparavant dans le groupe de 10 ans et moins et qui maintiennent un profil davantage hospitalier ? Un suivi s’impose afin d’observer si la tendance se maintient au fil des ans.

Le corps médical vieillit. Cela est manifeste à Laval, à Montréal et à Québec où l’âge moyen des médecins est élevé. L’arrivée des jeunes médecins ne se fait pas en nombre suffisant pour insuffler un rajeunissement significatif de la profession. D’autres régions, telles que Chaudière-Appalaches et l’Estrie, peinent à attirer ou à retenir leurs médecins alors que l’avenir est plus optimiste pour d’autres grâce à un recrutement réussi et à une démographie médicale enviable. Un bassin plus grand de nouveaux médecins et des bonifications à la pratique auront des retombées significatives pour le bien-être des médecins, pour la pratique de la médecine et pour l’offre de service à la population.

L’analyse longitudinale de la pratique médicale permet d’observer les tendances et les transformations de l’organisation des soins de santé. Les retombées de la valorisation de la médecine de famille seront tangibles dans quelques années. Souhaitons que les attentes soient comblées ! C’est un rendez-vous à ne pas manquer.

 


1 ICIS (2006), Rapport sur les médecins équivalents à temps plein, médecins rémunérés à l’acte au Canada 2005-2006.

2 En 2010-2011, le 40e centile correspondait à 169 147 $ et le 60e centile à 215 864 $.

3 C’est ainsi qu’un médecin dont le revenu annuel est de 431 728 $, soit deux fois le montant du 60e centile, correspond à un médecin ETP de 1,7 selon la méthode retenue plutôt que 2.

4 Paré I. Le profil de pratique des médecins omnipraticiens québécois 2006-2007. 2e version. 2008.

5 Cette donnée ne tient pas compte de la rémunération différente (annexe XII et XIIa de l’entente FMOQ-MSSS) ni des mesures particulières et incitatives, mais inclut tous les forfaits

6 Sholtis et coll. (2006). Soins infirmiers en médecine et en chirurgie. 4e éd. Édition de Boeck.

7 Les mesures touchant la première ligne, telles que l’inscription des patients vulnérables (2007) et l’inscription générale des patients (2009), contribuent à expliquer le gain de médecinsETP en 1re ligne en 2010-2011. La deuxième ligne a aussi connu des gains appréciables avec notamment l’augmentation des tarifs dans les urgences. À la lumière des données, les mesures ne créent pas de déséquilibre, mais sont de plus en plus nombreuses et rendent nécessaire une réflexion relativement au calcul de l’indice pour les études à venir.

8 En raison du nombre négligeable de médecinsETP œuvrant en centre de détention, ce secteur de pratique est exclu de l’analyse. Les secteurs de pratique de la 1re ligne ont été raffinés cette année en précisant les GMF-réseau et les UMF.

9 En 2006-2007, la pratique exclusive en 1re ligne était de 12 % chez les médecins ayant 10 ans de pratique et moins, 29 % chez ceux ayant de 11 à 19 ans de pratique et 54 % chez ceux ayant 20 ans de pratique et plus, pour une moyenne totale de 38 %. La pratique exclusive en 2e ligne était de 36 % chez les médecins ayant 10 ans de pratique et moins, 20 % pour ceux ayant de 11 à 19 ans de pratique et 14 % pour ceux ayant 20 ans de pratique et plus, pour une moyenne totale de 21 %.