Accès prioritaire aux services spécialisés (APSS) : mise à jour du 24 mars 2017

Les Centres de référence des demandes de services (CRDS) garantissent aux patients un accès plus facile en spécialité. Les médecins de famille en sont souvent heureux, mais les médecins spécialistes le sont parfois moins. 

Des nouvelles des CRDS

Les présidents des neuf associations de spécialistes visées par la première vague de formulaires ont été rencontrés récemment.  Malgré leur désir de collaborer, leur mécontentement est encore palpable dans leurs rangs en raison des nombreuses plages de disponibilité laissées vacantes du fait, disent-ils, de l’inefficacité des CRDS.  Certains spécialistes tentent même de contourner le CRDS et demandent aux cliniques médicales de leur région de leur envoyer directement les consultations.  Nous comprenons la frustration de certains, mais ce n’est pas la chose idéale à faire.


Des responsabilités partagées

Quelques médecins spécialistes se sont étonnés d’avoir moins de patients en consultation qu’auparavant.  On a ainsi découvert que certains CRDS se sont concentrés sur les rendez-vous de priorité  A, B et C, négligeant de consigner dans système informatique les demandes de priorité D et E.  Ce qui explique que des plages de disponibilité restent libres et que ces CRDS affichent de bonnes performances,  toutes ces demandes non consignées ne  stagnant pas dans la liste d’attente.

À l’inverse, certains spécialistes procédaient à une sélection stricte de la clientèle, en fournissant des plages de rendez-vous pour un seul type de pathologie.  Cette façon de faire sert peut-être le médecin puisqu’aucun indicateur de gestion n’est recueilli pour les plages vides.  Par contre, ce mode de fonctionnement nuit à l’ensemble de sa spécialité, qui sera évaluée sur le délai global de prise en charge par priorité clinique et le pourcentage des usagers ayant obtenu un rendez-vous dans les délais.  La Fédération des médecins spécialistes du Québec a formellement déconseillé à ses membres de poursuivre une telle pratique.  L’accès difficile vers certaines spécialités s’en trouvera sans doute amélioré. 


Les deuxièmes opinions : encore un problème

Certaines spécialités médicales se plaignent toujours de voir beaucoup de patients à la recherche d’une seconde opinion.  Si vous devez faire ce type de demande, veuillez préciser « 2e opinion » sur le formulaire et exposer clairement la raison justifiant votre demande (lorsque le traitement est risqué ou toxique ou encore lorsque le diagnostic n’est pas clair, que le traitement proposé est expérimental ou qu’il ne fait pas consensus).  Autrement, votre demande se verra attribuer une priorité D ou E en l’absence de ces indications.


Deux dernières mises au point 

Les formulaires APSS servent exclusivement à obtenir des rendez-vous pour un nouveau problème de santéLe guide de gestion du CRDS précise que si votre patient présente toujours des symptômes une fois la consultation en spécialité effectuée, c’est à vous de déterminer la pertinence de faire une nouvelle demande de consultation.  Ainsi, en cas de problème persistant ou de récidive, c’est probablement l’ancienne demande de consultation qui doit être remplie, et envoyée par votre corridor de service préexistant.

Plusieurs commentaires reçus à la FMOQ viennent souligner l’inquiétude des médecins de famille quant au retour de la consultation en spécialité.  La rétroaction du spécialiste ne fait par contre pas partie du mandat du CRDS : le consultant doit acheminer sa réponse de la façon habituelle.  Les médecins de famille n’ont pas nécessairement tort d’être inquiets, toutefois, puisque le rapport du Commissaire à la santé et au bien-être portant sur la performance du système de santé et des services sociaux québécois 2016 indique que seulement « 17 % des médecins de famille québécois déclarent recevoir toujours un avis lorsque leur patient consulte un spécialiste ».   Sur ce point, « le Québec se classe au dernier rang des autres provinces et des pays comparables ».  Ce fait préoccupe grandement la FMSQ qui a pris des engagements pour améliorer cette piètre performance.

Comme toujours, nous terminons en vous rappelant que nous sommes heureux de recevoir vos commentaires au sujet du processus d’accès prioritaire aux services spécialisés.

Madame Marianne Casavant mcasavant@fmoq.org

Docteure Hélène Roy hroy@fmoq.org

514 878-1911 ou 800 361-8499